La cloche du port (6)

, par Victor Hugo

Elle était là, entière, complète, intacte, carrément assise sur son plancher de fonte ; la chaudière avait toutes ses cloisons ; l’arbre des roues était dressé et amarré près de la chaudière ; la pompe de saumure était à sa place ; rien ne manquait.

Lethierry examina la machine.

La lanterne et la lune s’entraidaient pour l’éclairer.

Il passa tout le mécanisme en revue.

Il vit les deux caisses qui étaient à côté. Il regarda l’arbre des roues.

Il alla à la cabine. Elle était vide.

Il revint à la machine et il la toucha. Il avança sa tête dans la chaudière. Il se mit à genoux pour voir dedans.

Il posa dans le fourneau sa lanterne dont la lueur illumina toute la mécanique et produisit presque le trompe-l’oeil d’une machine allumée.

Puis il éclata de rire et se redressant, l’oeil fixé sur la machine, les bras tendus vers la cheminée, il cria : Au secours !

La cloche du port était sur le quai à quelques pas, il y courut, empoigna la chaîne et se mit à secouer la cloche impétueusement.